Le réseau français de recharge électrique semble mieux perçu par ceux qui l’utilisent déjà que par les automobilistes qui roulent encore avec une voiture thermique. Selon l’EV Index 2026, publié en septembre par HERE Technologies et le cabinet SBD Automotive, seuls 15 % des conducteurs français roulant actuellement en thermique déclarent vouloir choisir une voiture électrique pour leur prochain véhicule.
Un écart marqué entre usagers et non-usagers
L’enquête met en évidence une différence importante dans la perception des bornes publiques. En France, 47 % des propriétaires d’une voiture électrique jugent bonne ou très bonne la couverture près de leur domicile. Cette proportion tombe à 22 % chez les autres conducteurs interrogés. Les automobilistes qui rechargent déjà leur véhicule ont ainsi une opinion favorable du réseau plus de deux fois supérieure à celle des personnes qui ne l’utilisent pas encore.
« Les conducteurs qui utilisent le réseau en ont donc deux fois plus souvent une bonne image que ceux qui le regardent de loin. »
Pour les ménages qui envisagent de changer de voiture, la perception de la recharge reste donc un élément distinct de l’expérience réelle. L’étude souligne que les acheteurs restant à convaincre sont précisément ceux qui n’ont jamais branché de véhicule électrique. Elle ne fournit toutefois pas, dans les éléments publiés, de détail sur les raisons individuelles de leur hésitation ni sur leur budget automobile.
Le réseau européen continue de s’étendre
L’EV Index croise deux travaux de SBD Automotive. Le premier attribue une note sur 100 points à 30 pays européens ainsi qu’à des régions des États-Unis, de l’Inde et de l’Australie. Quatre critères comptent à parts égales : la quantité de bornes publiques rapportée à la longueur du réseau routier, leur puissance moyenne, la proportion de voitures électriques dans le parc et le nombre de points de recharge par voiture électrique.
| Indicateur | Valeur publiée |
|---|---|
| Nouveaux points de recharge en Europe entre 2025 et 2026 | 162 000 |
| Progression du nombre de points en un an | 14 % |
| Puissance moyenne européenne | De 44 à 50 kW |
| Puissance moyenne mesurée aux États-Unis | 83 kW |
Le second volet repose sur un sondage mené auprès de 4 058 conducteurs dans huit pays, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Il comprend 850 propriétaires de voitures électriques. Les résultats montrent aussi de forts écarts entre pays européens : la part de marché de ces véhicules va de moins de 3 % à 89 % en Norvège.
Des écarts persistants entre pays
La Norvège et les Pays-Bas arrivent ex aequo en tête de l’indice, devant la Belgique. Le classement ne repose donc pas uniquement sur le nombre de bornes : il prend également en compte leur puissance, la taille du parc électrique et le rapport entre les infrastructures et les véhicules concernés. Pour un automobiliste français, ces données permettent surtout de distinguer la présence du réseau de son accessibilité perçue et de son adéquation avec les usages quotidiens.