Le mycélium, réseau de filaments qui constitue la partie souterraine des champignons, intéresse désormais la recherche sur les matériaux biosourcés. Cultivé sur une matière végétale, il peut coloniser le substrat et l’agglomérer. Cette capacité permet d’obtenir un matériau biodégradable, dont les propriétés varient selon l’espèce utilisée, le support choisi et les conditions de culture.
Un liant cultivé à partir de déchets végétaux
Le principe repose sur la croissance du mycélium dans un volume contenant un substrat végétal. Les recherches cherchent notamment à employer des déchets agricoles, afin de leur donner un nouvel usage et de limiter le recours aux matières premières d’origine fossile. Une fois développé, le matériau peut conserver la forme de l’espace qu’il a colonisé.
| Usage exploré | Forme envisagée |
|---|---|
| Objets du quotidien | Chaises, luminaires, emballages |
| Architecture | Blocs, plaques et tuiles |
| Aménagement extérieur | Surface piétonne biosourcée |
Cette aptitude au moulage a d’abord séduit le design, avec des applications pour des objets courants. Le secteur de la construction s’y intéresse à son tour, en expérimentant des éléments pouvant prendre la forme de blocs, de plaques ou de tuiles. Pour un particulier, il ne s’agit toutefois pas encore d’une solution disponible comme un matériau courant de rénovation ou de construction.
Des expérimentations menées en France
À Arles, le projet de recherche LoopOfFun, porté par les Ateliers Luma, travaille sur la maîtrise des procédés de fabrication. Une autre initiative, menée par Grounded Rewilding dans les Bouches-du-Rhône, explore un prototype de surface piétonne vivante et biosourcée. Le matériau y est cultivé sur des déchets agricoles provenant de Provence.
Ces projets illustrent le potentiel du mycélium pour l’économie circulaire, mais le développement de ces solutions reste conditionné à plusieurs paramètres :
- la maîtrise des procédés de fabrication ;
- la régularité des caractéristiques obtenues ;
- la capacité des initiatives à se développer et à durer.
Selon MesInfos, qui présente cette actualité le 30 octobre 2026, ces applications peinent encore à s’inscrire dans la durée. Les propriétés finales dépendent en effet du mycélium, du substrat et des conditions de culture. Avant une utilisation plus large dans les logements, ces éléments doivent donc être stabilisés pour garantir des matériaux adaptés aux usages envisagés.