Présentée comme immatérielle, l’intelligence artificielle générative dépend pourtant d’infrastructures bien physiques : puces spécialisées, serveurs, centres de calcul, électricité et eau pour le refroidissement. Dans un avis publié en octobre 2026, l’ADEME examine cette empreinte et les moyens de la limiter, alors que la facture électrique liée à l’IA pourrait être multipliée par 3,7 d’ici 2035 en France.
Des centres de calcul qui mobilisent beaucoup de ressources
Au cœur de ces installations se trouve le processeur graphique, ou GPU. Initialement conçu pour l’affichage, il est utilisé pour entraîner les modèles parce qu’il peut effectuer de très nombreux calculs en parallèle. L’ADEME indique qu’un GPU coûte entre 40 000 et 50 000 dollars et consomme autant qu’un four à micro-ondes fonctionnant en continu. Un serveur en regroupe huit.
| Élément | Donnée indiquée par l’ADEME |
|---|---|
| Prix d’un GPU | 40 000 à 50 000 dollars |
| GPU par serveur | 8 |
| Grands centres dédiés à l’IA | Des dizaines de milliers de GPU |
| Puissance installée évoquée | Équivalente à celle d’un réacteur nucléaire |
Ces équipements doivent être installés dans des bâtiments pouvant couvrir plusieurs hectares. Leur déploiement entraîne donc une emprise foncière et une bétonisation. Le refroidissement peut également nécessiter une quantité importante d’eau, un point particulièrement sensible en période de sécheresse, et contribuer à la formation d’îlots de chaleur urbains. À cela s’ajoutent les ressources minérales consommées lors de la fabrication des appareils.
Deux phases à distinguer : entraînement et utilisation
L’empreinte de l’IA ne se limite pas à la réponse affichée sur un écran. L’ADEME distingue d’abord l’entraînement, période durant laquelle un modèle ajuste ses paramètres à partir de très grandes quantités de données. Cette étape mobilise des milliers de serveurs pendant plusieurs jours. Certains modèles sont par ailleurs entraînés sans être ensuite rendus publics.
« On présente l’IA comme immatérielle, alors qu’elle repose sur des équipements et des infrastructures énergivores. »
Thomas Brilland, du service Sobriété et consommation de l’ADEME, souligne ainsi l’écart entre l’apparence virtuelle de ces services et les infrastructures nécessaires à leur fonctionnement. L’organisme distingue aussi l’utilisation des modèles, sans réduire l’analyse aux seuls travaux d’entraînement.
Des données encore difficiles à comparer
Pour l’ADEME, l’évaluation reste compliquée par une double opacité. Les grands acteurs communiquent peu d’informations et, lorsque des chiffres sont disponibles, les méthodes de calcul diffèrent fortement d’un acteur à l’autre. Il existe donc encore peu de données fiables permettant de comparer les impacts environnementaux des différents modèles et usages.
- Énergie : les serveurs et le refroidissement pèsent sur la consommation électrique.
- Eau : les besoins de refroidissement peuvent devenir problématiques lors des épisodes de sécheresse.
- Matériaux et sols : la fabrication des puces mobilise des ressources minérales et les centres de calcul occupent du foncier.