La Commission européenne veut faire évoluer la manière dont les États anticipent les conséquences du dérèglement climatique. Présentée le 27 octobre 2026, sa proposition de loi sur la résilience climatique vise à intégrer davantage les risques futurs dans les décisions publiques, de l’aménagement du territoire aux investissements. Le texte concerne donc aussi les politiques menées en France, s’il est adopté dans sa forme actuelle.
Bruxelles prend notamment en compte une trajectoire pouvant conduire à un réchauffement mondial de 3 °C d’ici à 2100. Cette hypothèse doit servir de référence pour préparer les territoires et les infrastructures aux événements extrêmes. La Commission précise que cette préparation ne remet pas en cause l’objectif de limitation du réchauffement.
« Le défi, c'est d'agir avant que le changement climatique ne provoque des impacts insupportables sur notre économie et notre société », a déclaré Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne, selon l’AFP.
Des stratégies nationales attendues avant 2030
La proposition prévoit que chaque État membre élabore un plan stratégique de résilience au plus tard le 31 décembre 2030. Ces plans devront améliorer la prise en compte des risques climatiques et favoriser la coordination entre les politiques publiques.
Le texte présenté par la Commission ne fixe toutefois pas, à ce stade, de mesures sectorielles précises. Il ne prévoit pas non plus d’obligations générales directement applicables aux entreprises. La portée concrète du dispositif dépendra donc du contenu final de la loi européenne et de la manière dont les États la mettront en œuvre.
Des dommages en forte hausse en Europe
La Commission européenne estime que les dommages matériels provoqués par les événements climatiques extrêmes atteignent environ 50 milliards d’euros par an ces dernières années, contre 8,6 milliards d’euros dans les années 1980. Les canicules de 2026 pourraient, selon une estimation d’Allianz Trade reprise par Bruxelles, avoir entraîné 113 milliards d’euros de pertes de productivité dans trente pays.
| Indicateur | Montant ou part |
|---|---|
| Dommages climatiques annuels en Europe ces dernières années | Environ 50 milliards d’euros |
| Dommages annuels dans les années 1980 | 8,6 milliards d’euros |
| Pertes agricoles annuelles dans l’Union européenne | 28,3 milliards d’euros |
| Dommages agricoles couverts par une assurance | 20 à 30 % |
L’agriculture figure parmi les secteurs les plus exposés, avec des pertes annuelles évaluées à 28,3 milliards d’euros dans l’Union européenne. Selon les chiffres cités par la Commission, seuls 20 à 30 % des dommages agricoles seraient assurés. La proposition entend ainsi pousser les pouvoirs publics à mieux intégrer les risques climatiques dans leurs choix, plutôt qu’à intervenir principalement après les catastrophes.