Une autorisation accordée à l’industriel Daikin près de Lyon fait l’objet d’un recours devant la justice administrative. Le 24 juillet 2026, la préfecture du Rhône a permis à l’entreprise d’utiliser un nouveau composant perfluoré pour fabriquer des tuyaux sur son site d’Oullins-Pierre-Bénite. Plusieurs associations et collectifs contestent cette décision, en invoquant les risques liés aux PFAS, des substances persistantes dans l’environnement.
Une autorisation préfectorale attaquée
Le 28 septembre, quatre associations — Bien Vivre à Pierre-Bénite, Notre Affaire à Tous – Lyon, Eau Bien Commun Lyon-Métropole et la LDH Lyon Confluences —, ainsi que les Écologistes Rhône-Alpes Pays de Savoie et le collectif PFAS contre Terre, ont saisi la Cour administrative d’appel. Leur objectif est d’obtenir l’annulation de l’autorisation délivrée par la préfecture du Rhône, ont expliqué les plaignants le 28 octobre 2026.
Le produit autorisé est le R-1234YF. Selon les éléments rapportés par Tribune de Lyon, ce gaz inflammable peut se transformer en TFA, ou acide trifluoroacétique, lorsqu’il se dégrade. Ce composé est présenté comme un PFAS surveillé par les autorités sanitaires européennes.
« Il est incompréhensible et préoccupant que la préfecture n’applique toujours pas le principe de précaution face aux risques liés aux PFAS, qui ont profondément choqué le territoire », a déclaré Jeanne Fleury, présidente de l’association Notre Affaire à Tous.
Les organisations requérantes demandent une évaluation plus complète des risques avant toute utilisation industrielle. Elles estiment que cette expertise doit permettre de déterminer les éventuelles mesures de protection à mettre en place pour les habitants et l’environnement.
Les positions opposées de Daikin et des associations
Daikin conteste la présentation du produit comme une nouvelle source de danger. L’entreprise affirme que la molécule est « ni cancérigène, ni bioaccumulable » et qu’elle possède, selon elle, des caractéristiques plus favorables pour la santé et l’environnement. Ces éléments ont été rapportés par France 3, cité par Tribune de Lyon.
- 24 juillet 2026 : autorisation préfectorale d’utiliser le R-1234YF ;
- 28 septembre 2026 : saisine de la Cour administrative d’appel ;
- 28 octobre 2026 : les plaignants rendent publique leur démarche.
Le site de Pierre-Bénite avait déjà été mis en cause en 2022, avec l’entreprise Arkema, pour des rejets de PFAS. Le nouveau recours intervient donc dans un territoire déjà marqué par les inquiétudes liées à ces polluants, alors que la décision de la juridiction administrative n’est pas encore connue.