À Chalabre, dans l’Aude, la rénovation du cours Colbert oppose la mairie à un collectif et à une association de protection de la nature. Le projet d’aménagement prévoit la suppression de 24 arbres, dont 22 platanes et deux marronniers. La découverte, en juillet, d’une colonie de noctules communes à proximité immédiate du site a renforcé les inquiétudes sur les conséquences de l’opération pour la biodiversité.
Des arbres susceptibles d’abriter plusieurs espèces
La Noctule commune est une chauve-souris arboricole inscrite sur la liste rouge nationale des espèces menacées de 2017. Selon Nature en Occitanie, les cavités présentes dans certains platanes peuvent servir de gîtes à cette espèce, mais aussi à d’autres chauves-souris et à des oiseaux. L’association estime que les arbres doivent être conservés, car les noctules utilisent un réseau de gîtes et peuvent ainsi s’adapter aux perturbations de leur milieu.
« Une colonie reproductrice a été découverte à proximité immédiate du cours Colbert où les abattages d’arbres devaient avoir lieu. »
La mairie ne partage pas cette analyse. Le maire Jacques Mamet affirme que les platanes concernés sont des gîtes de passage, et non des lieux de mise bas. Il indique également que la commune a mandaté un écologue afin d’intégrer les enjeux liés aux espèces et de limiter autant que possible les effets du chantier.
Un désaccord sur l’ampleur de l’impact
Pour répondre aux critiques sur la réduction des habitats disponibles, l’élu rappelle que les quatre cours de la commune sont bordés par 96 arbres et que Chalabre compte au total 552 arbres intra-muros. Selon lui, le projet ne concernerait donc pas un quart de l’espace utilisé par les espèces protégées, mais « moins de 5 % de ce potentiel ».
- 24 arbres sont visés par le projet : 22 platanes et deux marronniers ;
- une colonie reproductrice de noctules communes a été signalée à proximité en juillet ;
- deux requêtes en référé ont été déposées contre les autorisations d’abattage.
Les recours rejetés en octobre
Le collectif Sauvons les arbres et Nature en Occitanie ont saisi le tribunal administratif pour demander l’annulation des arrêtés préfectoraux autorisant les abattages. Les deux requêtes en référé ont été rejetées en octobre. L’association maintient néanmoins ses objections et met en avant ce qu’elle considère comme une insuffisante prise en compte de la présence de la colonie.
Le dossier illustre le rôle des arbres âgés dans les espaces urbains : leurs cavités peuvent constituer des refuges pour des espèces protégées, même lorsque les travaux portent d’abord sur la voirie et l’aménagement d’un centre-bourg. À Chalabre, le débat porte désormais sur la compatibilité entre la rénovation du cours Colbert et le maintien de ces habitats.