Un outil toulousain pour identifier précisément les abeilles sauvages
Depuis 2010, des équipes du laboratoire Dynamiques et écologie des paysages agriforestiers (Dynafor), à Toulouse, ont constitué des référentiels naturalistes et moléculaires visant à faciliter l'identification des abeilles sauvages. Ce travail, mené au sein du centre Occitanie‑Toulouse avec Toulouse INP AgroToulouse, EI Purpan et INRAE, couvre désormais 94 % des espèces recensées en France, selon le compte rendu publié.
Les chercheuses et chercheurs se sont appuyés sur la Zone Atelier Pyrénées‑Garonne (PYGAR), territoire présentant une mosaïque de paysages représentative du Sud‑Ouest, pour mener des collectes de terrain.
- 24 000 spécimens collectés dans la Zone Atelier PYGAR depuis 2010 ;
- Une collection rassemblant 270 espèces, soit près de 30 % de la diversité française ;
- Deux bases de données moléculaires de référence créées : une régionale fondée sur le code‑barre ADN 16S et une seconde dont la nature est décrite dans la source.
La base régionale 16S comprend 530 individus représentant 171 espèces, ce qui couvre 63 % des abeilles de la zone d'étude, indiquent les auteurs du projet.
"[Ces bases] doivent permettre de mieux repérer les espèces menacées, d'affiner les listes rouges et de développer des méthodes de suivi moins invasives."
Les porteurs du projet précisent que l'objectif est triple : améliorer l'identification des espèces, documenter leur présence dans les territoires et faciliter des suivis qui limitent la collecte d'individus lorsque c'est possible.
Le travail toulousain s'inscrit dans un contexte de déclin des pollinisateurs : la source rappelle qu'il existe près de 1 000 espèces d'abeilles sauvages en France et souligne l'importance de disposer d'outils fiables pour cibler la protection des espèces les plus vulnérables.
Pour les acteurs de terrain — naturalistes, associations et gestionnaires d'espaces — ces bases constituent une ressource technique pour identifier précisément les espèces observées, orienter les priorités de conservation et adapter les protocoles de suivi. Elles doivent aussi permettre, selon les chercheurs, d'éclairer des révisions des listes rouges régionales et nationales.
Le projet, fruit de collaborations locales et nationales, illustre l'apport des bases de données moléculaires et naturalistes à la connaissance et à la protection des pollinisateurs, enjeux cruciaux pour les paysages et les cultures.