La France a réduit ses émissions territoriales de gaz à effet de serre de 33 % entre 1990 et 2024, selon l’édition 2026 des « Chiffres clés du climat » publiée par le Service des données et études statistiques (SDES) le 11 avril 2026. Cette baisse concerne les émissions produites sur le territoire, hors utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie.
Une baisse française, mais un objectif encore éloigné
En 2024, les émissions françaises atteignaient 367 millions de tonnes équivalent CO₂. La trajectoire observée depuis 1990 reste toutefois en dessous de l’objectif national pour 2030 : la France vise une réduction de 50 % par rapport à 1990, hors UTCATF. À l’échelle européenne, les émissions ont diminué de 38 % entre 1990 et 2024, pour atteindre environ 3 gigatonnes de CO₂ équivalent.
| Zone | Évolution des émissions entre 1990 et 2024 |
|---|---|
| Monde | +65 % |
| Europe | -38 % |
| France | -33 % |
Dans le monde, les émissions ont au contraire progressé de 65 % sur la même période, pour atteindre une estimation de 53 gigatonnes de CO₂ équivalent. Les gaz concernés ne contribuent pas tous dans les mêmes proportions au réchauffement : le CO₂ représente 75 % des émissions, devant le méthane avec 17 %, le protoxyde d’azote avec 5 % et les gaz fluorés avec 3 %.
Les émissions produites en France ne résument pas l’impact des habitants
Le SDES distingue les émissions territoriales de l’empreinte carbone. La première mesure les gaz à effet de serre émis à l’intérieur des frontières françaises. La seconde prend aussi en compte les émissions liées aux biens et services consommés en France, y compris lorsqu’ils sont produits à l’étranger.
- En 2023, les émissions territoriales françaises représentaient 5,8 tonnes de CO₂ équivalent par habitant.
- La même année, l’empreinte carbone atteignait 8,6 tonnes par habitant.
- Dans l’Union européenne à 27, ces valeurs étaient respectivement de 7,2 et 9,0 tonnes par habitant.
Cette différence signifie que les indicateurs nationaux ne comptabilisent pas de la même façon les émissions associées aux modes de vie. Pour les ménages, les déplacements, le logement et l’alimentation peuvent contribuer à l’empreinte carbone, y compris lorsque les émissions correspondantes sont générées hors de France.
Une hausse mondiale déjà mesurée
Selon les données réunies par le SDES, la température moyenne mondiale a augmenté de 1,3 °C entre la période 1850-1900 et la période 2016-2025. L’Accord de Paris fixe l’objectif de limiter cette hausse à moins de 2 °C d’ici 2100 par rapport à la période préindustrielle, tout en poursuivant les efforts pour la contenir davantage.
Les « Chiffres clés du climat » rassemblent des données françaises, européennes et mondiales sur les causes du changement climatique, ses effets et les politiques destinées à réduire son ampleur. Les résultats présentés s’appuient notamment sur les travaux de l’Agence européenne pour l’environnement, d’EDGAR, de Copernicus, de la Banque mondiale, de l’Insee, des Douanes, de Citepa et d’Eurostat.